Ce qui change au 1er janvier 2026 : le facteur “CEE”
Début 2026, un point revient partout : les certificats d’économies d’énergie (CEE). Sans rentrer dans la tuyauterie administrative, les CEE obligent des acteurs de l’énergie (dont ceux qui mettent des carburants sur le marché) à financer des actions d’économies d’énergie. Et ce coût peut se répercuter dans le prix final.
Le cadre de la 6e période CEE (2026–2030) a été fixé fin 2025. Plusieurs acteurs du secteur ont estimé une hausse d’environ +4 à +6 centimes par litre au passage à 2026, liée à cette évolution. Sur un plein de 50 L, cela fait +2 à +3 €, sans que vous n’ayez rien changé à vos habitudes.
Les publications officielles de suivi des prix et marges précisent que les coûts de transport-distribution incluent explicitement “les coûts liés aux biocarburants, aux certificats d’économie d’énergie, etc.” : ce n’est donc pas un détail théorique.
Repères de prix début janvier 2026 : où on en est
“Ça augmente” ne veut rien dire sans repères chiffrés. Dans la publication DGEC du 2 janvier 2026 (moyennes nationales hebdomadaires) :
- SP95-E10 : 1,6523 €/L
- Gazole : 1,5895 €/L
- SP98 : 1,7499 €/L (à titre indicatif)
Sur une semaine (26 décembre 2025 → 2 janvier 2026), ces moyennes montent de :
- +2,0 c€/L sur le SP95-E10 (1,6326 → 1,6523)
- +2,9 c€/L sur le gazole (1,5601 → 1,5895)
Voilà pour le contexte de début 2026 : concret, daté, et cohérent avec le sentiment d’une hausse dès les premiers pleins.
Comment se construit le prix à la pompe (la version simple)
Votre prix au litre est un empilement :
- Le produit : brut + raffinage.
- La logistique + la distribution : dépôts, transport, station, marges, coûts annexes.
- Les taxes : une taxe “au litre” (accise sur les énergies, ex-TICPE) + la TVA (en % sur l’ensemble).
Quand le prix hors taxes grimpe, la TVA grimpe aussi mécaniquement (puisqu’elle est en % et inclut l’accise). C’est l’effet amplificateur.
Pourquoi ça monte en 2026 : brut, change, raffinage, distribution
1) Brut + change euro/dollar
Le pétrole s’achète en dollars. Même si le baril ne bouge pas beaucoup, un euro plus faible suffit à renchérir le coût “à l’arrivée” en Europe. Les marchés réagissent aux annonces (production, stocks, tensions géopolitiques) et les hausses peuvent être rapides… alors que les baisses mettent plus de temps à se refléter à la pompe.
2) Raffinage : le goulot qu’on oublie
Entre le brut et votre réservoir, il faut raffiner. Les marges et contraintes du raffinage peuvent bouger le prix indépendamment du baril : maintenance d’unités, équilibre entre essence/gazole, exigences de mélange (biocarburants). Les publications publiques “cours / prix / marges” suivent ces composantes.
3) Transport + distribution : là où se fabriquent les écarts locaux
La “marge brute de transport-distribution” inclut stockage, acheminement, exploitation des stations, biocarburants, CEE et marge commerciale. Deux stations à 3 km l’une de l’autre peuvent afficher des prix très différents, sans que le pétrole ait bougé : concurrence locale, emplacement, flux, station “captive” (autoroute, axe obligé) expliquent ces écarts.
Taxes : accise (ex-TICPE) + TVA, l’effet amplificateur
La fiscalité reste un gros morceau du prix final. Deux idées simples :
- Accise (ex-TICPE) : montant fixe par litre, modulé selon le carburant et parfois la région.
- TVA : en % sur la somme totale, accise incluse.
C’est pour cela que quelques centimes de plus au départ peuvent se voir davantage à l’arrivée : quand le hors taxes monte, la TVA monte aussi. Les taxes représentent souvent une part importante du prix à la pompe (souvent autour de la moitié, selon périodes et carburants).
Pourquoi il peut y avoir de gros écarts près de chez vous
Il y a une croyance tenace : “toutes les stations s’alignent”. En réalité, non :
- Sur autoroute ou sur des axes “captifs”, la concurrence est faible : prix nettement plus hauts.
- En périphérie ou là où plusieurs stations se font face, la “guerre des centimes” existe vraiment.
- Les prix sont déclarés par les exploitants : la fiabilité dépend de la fréquence de mise à jour (obligation légale au changement de prix, mais décalage possible dans la vraie vie).
Conclusion : vérifier juste avant de partir reste le meilleur réflexe.
Les meilleurs leviers pour payer moins en 2026
On va être pragmatiques : en 2026, vous ne contrôlez ni le baril, ni l’euro, ni les CEE. Mais vous contrôlez où, quand et combien vous achetez — et votre consommation réelle.
Levier n°1 : choisir la bonne station (le gain le plus rapide)
- Regardez le prix avant d’arriver (surtout avant autoroute).
- Repérez 2–3 stations “références” (une très compétitive, une de dépannage, une sur votre trajet habituel).
- Avant un long trajet : faites un plein “intelligent” en amont pour éviter d’acheter cher sur le parcours.
Sur l’année, économiser 5 c€/L sur 900 L = 45 €. À 10 c€/L, ça fait 90 €. Pas spectaculaire sur un plein, mais très visible sur 12 mois.
Comparer les stations autour de moiLevier n°2 : éviter les pleins “captifs”
- Évitez le plein sur autoroute sauf nécessité.
- Ne roulez pas sur la réserve : sinon vous achetez “où vous pouvez”, pas “où c’est intéressant”.
Levier n°3 : réduire la conso sans se priver
- Pneus : pression correcte = conso moindre + sécurité.
- Conduite souple : accélérations progressives, anticipation, vitesse stable.
- Allègement : galerie/coffre inutiles = résistance et poids en plus.
- Entretien : filtres, huile, révision… un moteur mal entretenu consomme plus.
Levier n°4 : choisir le carburant adapté… sans se piéger
Si votre véhicule est compatible et homologué (ex. E85), le prix au litre peut être nettement plus bas. Mais comparez le coût au kilomètre, pas seulement le prix au litre : certains carburants peuvent entraîner une surconsommation selon le véhicule, le trajet et la température. L’idée n’est pas de “changer pour changer”, mais de payer moins sur votre usage réel.
Levier n°5 : garder un œil sur les mises à jour (sans y passer sa vie)
Les stations ont l’obligation de mettre à jour leurs prix dès changement, mais la fréquence dépend des exploitants. Notre conseil :
- Un check rapide 1 à 2 fois par semaine si vous roulez beaucoup.
- Systématiquement avant un départ (week-end, vacances, long trajet).
Perspectives pour la suite de 2026 : ce qu’il faut surveiller
Trois curseurs continueront de driver la pompe :
- Le duo brut + change euro/dollar (peut bouger vite).
- Les équilibres raffinage / logistique (souvent la “surprise” des hausses).
- Les coûts de distribution, dont les CEE font partie (socle plus élevé en début d’année).
Traduction : même si le baril se calme, tout ne redescendra pas forcément au même rythme, et les écarts locaux resteront votre opportunité principale d’économiser.
En bref
Oui, 2026 commence fort. Et oui, le contexte “macro” (brut, change) + le contexte “réglementaire” (CEE) rendent le litre plus cher dès le début d’année. Mais la bonne nouvelle, c’est que vous avez encore la main sur l’essentiel :
- Comparer, surtout avant les zones chères.
- Planifier (éviter l’achat contraint).
- Réduire la conso avec quelques réflexes simples.
Le Juste Plein est là pour ça : vous donner les bonnes infos au bon moment, et vous aider à faire le plein en toute sérénité.
Sources (sélection)
- DGEC — “Cours, prix et marges…” (édition du 2 janvier 2026) — Ministère de la Transition Écologique
- Cadre CEE 2026–2030 (décret + communication) — Légifrance
- Estimations d’impact “+4 à +6 c€/L” liées aux CEE (sources presse / AFP) — Connaissance des Énergies
- Suivi des marges raffinage/distribution — Ministère de la Transition Écologique
- Explication TVA/accise (TVA appliquée sur la somme globale) — vie-publique.fr
- Obligation de déclaration/mise à jour des prix — prix-carburants.gouv.fr